prix nobel de la honte décerné par gianni infantino à trump FIFA
Coupe du monde 2026 - Cinquante parlementaires européens partent en guerre contre Gianni Infantino et son prix de la paix FIFA pour Donald Trump
Ce lundi, Gianni Infantino a reçu une lettre qui pourrait secouer sa présidence. Cinquante parlementaires européens ont écrit au président de la FIFA, ainsi qu'aux instances de celle-ci, pour réclamer des éclaircissements sur les conditions d'attribution du prix de la paix à Donald Trump le 5 décembre dernier. La missive est offensive et la FIFA ne peut désormais plus faire la sourde oreille.
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Gianni Infantio et Donald Trump
Ce n'est pas un franc-tireur souhaitant se faire un peu de publicité qui se serait fendu d'un communiqué tapageur et, au final, sans conséquence(s), au singulier comme au pluriel. Ce sont cinquante élus de l'instance parlementaire suprême de l'Union européenne qui ont parlé, haut et fort.
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Le titre de la lettre que ces députés européens ont envoyée ce lundi soir se suffit à lui-même : "Les [soussignés] demandent l'ouverture d'une enquête sur Gianni Infantino et le Prix de la paix de la Fifa". Ses destinataires sont multiples : Gianni Infantino en personne, ainsi que les membres du Conseil de la FIFA, censé être le "cabinet" du maître de l'instance, mais dont le rôle se limite dans les faits à donner son accord à des décisions prises en amont par l'exécutif, mais également la commission d'éthique de la FIFA.
L'une de ces décisons, la plus controversée à ce jour, était l'attribution du fameux Prix de la paix de la Fifa à Donald Trump le 5 décembre dernier, à l'occasion du tirage au sort de la Coupe du Monde, lors d'une cérémonie grotesque qui valut une volée de bois vert à son instigateur, Gianni Infantino, lequel n'avait pas pris le soin de demander leur avis aux membres de son Conseil, comme l'un d'entre eux le confirma à nos confrères du Monde.
Diversité des affiliations politiques
Dans les jours qui suivirent, l'ONG FairSquare déposa une plainte auprès de la Commission d'Ethique de la FIFA, laquelle obtint le soutien de la fédération norvégienne et a donc désormais l'appui formel d'un nombre plus que conséquent de parlementaires européens - sans oublier les 16 000 personnes qui se sont associées à la plainte de l'ONG.
Cette lettre, dont Eurosport a pris connaissance, est signée de cinquante noms, dont les trois premiers sont Barry Andrews (du groupe Renew Europe, Irlande), Lara Wolters (S&D, Pays-Bas) et Niels Fuglsang (S&D, Danemark), les chefs de file d'une initiative qui a donc recueilli le soutien de quarante-sept autres députés européens.
Cinq de ces signataires sont français : Sandro Gozi (Renew Europe), Chloé Ridel (S&D), Damien Carême (LFI), Mounir Satouri et Majdouline Sbai (Verts/ALE). La diversité des affiliations politiques représentées dans la liste des signataires - même si les droites "dures" en sont absentes - n'est pas la moins étonnante des caractéristiques de ce document.
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Trump et Infantino lors de la remise du prix de paix FIFA
Un ton direct et sans ambages
Mais ce qui est encore plus frappant est son ton sans ambages. En voici de larges extraits.
S'adressant à Gianni Infantino lui-même, les co-signataires écrivent : "en décembre 2024, un grand nombre de députés européens vous avaient écrit à la suite de la décision de la FIFA d'attribuer la Coupe du monde masculine de 2034 à l'Arabie saoudite. La FIFA n'a pas répondu aux préoccupations soulevées dans ce courrier ; peu après, l'organisation a renforcé ses liens avec l'Arabie saoudite en signant un contrat de sponsoring lucratif avec la compagnie nationale pétrolière et gazière du pays, Aramco, qui est l'entreprise la plus pollueuse de la planète".
"Depuis lors, c'est le tournoi de 2026 [...] qui se retrouve au cœur de la controverse, qu'il s'agisse du prix élevé des billets ou des problèmes de visas. Toutefois, l'événement le plus préoccupant lié à ce tournoi est peut-être la décision de la FIFA d'attribuer le prix inaugural de la paix de la FIFA à Donald Trump le 5 décembre 2025".
"L'article 15 du Code d'éthique de la FIFA impose à toutes les personnes soumises à ce code de faire preuve de neutralité politique et prévoit des sanctions en cas de violation. L'article 4, paragraphe 2, des Statuts de la FIFA stipule que 'la FIFA reste neutre en matière de politique et de religion. Des exceptions peuvent être faites pour les questions touchant aux objectifs statutaires de la FIFA.' Dans sa plainte, FairSquare invoque quatre violations de l'obligation de neutralité prévue par l'article 15 du Code d'éthique de la FIFA, toutes liées à des déclarations publiques de soutien au président des États-Unis. Par ailleurs, plusieurs rapports indiquent que le Conseil de la FIFA a été écarté de cette décision, le processus ayant conduit à l'attribution finale du prix restant flou".
"FairSquare requiert de la Comission d’éthique qu'elle enquête afin de déterminer si les décisions d’instaurer un Prix de la FIFA annuel, puis de l’attribuer au président Trump, ont été prises par le Conseil de la FIFA, par son Bureau ou unilatéralement par M. Infantino lui-même. Si le Bureau du Conseil a pris l’une ou l’autre de ces décisions, voire les deux, nous demandons à la Commission d'éthique d’enquêter sur le processus décisionnel de ce Bureau et sur le rôle de M. Infantino dans ce processus."
Alors que le monde entier a les yeux rivés sur la FIFA cet été, l'instance se doit de répondre à la plainte de FairSquare et de démontrer qu’elle défend les valeurs fondamentales d’équité, d’égalité et de respect de la dignité humaine. Cette plainte représente une occasion pour la FIFA de prouver son engagement en faveur de la neutralité politique, de la transparence et de la responsabilité.
Nous [...] exhortons la Commission d’éthique de la FIFA à mener cette enquête avec la plus grande diligence et la plus grande sincérité.
Dans l'attente de votre réponse [...]"
La FIFA reste muette... jusqu'à quand ?
Contacté par Eurosport, le principal architecte de cette action, l'Irlandais Barry Andrews, a mis les points sur les "i". "La Coupe du monde est sans doute l'événement planétaire le plus important, tous domaines confondus, dit-il. Elle est censée unir le monde. Pourtant, lorsque le président de la FIFA Gianni Infantino privilégie un président au détriment d'un autre, cela jette le discrédit sur la FIFA et sur le tournoi tout entier".
"Notre demande [...] est simple. Nous sollicitons simplement de la Commission d'éthique de la FIFA qu'elle enquête de manière approfondie sur l'attribution du premier Prix de la paix de la FIFA au président Trump et qu'elle veille au respect des procédures, continue-t-il. Si la FIFA est véritablement attachée à la neutralité politique, à la transparence et à l'obligation de rendre des comptes, il n'y a pas de meilleure occasion de le prouver".
La députée française Chloé Ridel poursuit : "La honte liée à l'attribution d'un 'prix de la paix' à Donald Trump ternira durablement l'image de la FIFA, une organisation déjà embourbée dans un scandale de corruption massif, nous confie la députée S&D. La Fédération doit mettre de l'ordre dans ses affaires et démontrer que la neutralité, la transparence et la responsabilité figurent véritablement parmi les valeurs qu'elle défend. Elle le doit au monde du football et à tous ses supporters".
La FIFA, qui a été tenue au courant de l'initiative des parlementaires européens, n'a pas encore réagi. Le 12 décembre, sa Commission d'éthique, qui est présidée conjointement par la Colombienne Maria Claudia Rojas et le Grec Vassilios Skouris, avait accusé réception de la plainte de FairSquare, concluant ainsi son message : "Après un examen initial des documents et informations accompagnant votre plainte, le Secrétariat peut engager des enquêtes préliminaires concernant une violation potentielle du Code d'éthique de la FIFA, sur instruction du président de la Chambre d’instruction et conformément à son article 61".
Six mois ont passé depuis, six mois de silence. Ce qu'il s'est dit en coulisses, on l'ignore ; mais l'intervention sans précédent des parlementaires européens place la Commission d'éthique dite "indépendante" de la FIFA devant ses obligations statutaires comme jamais auparavant, à tout le moins depuis l'élection de Gianni Infantino à la présidence de l'instance en février 2016. Le mutisme ne peut plus être une réponse. Ce n'est pas encore une révolution, sire, mais c'est déjà plus qu'une émeute.
Voici la traduction complète en français de la plainte FairSquare (Ethics Committee Complaint du 8 décembre 2025). J’ai traduit le contenu intégral des 8 pages du document PDF fourni, en restant fidèle au texte original tout en rendant le langage clair et juridique.Plainte auprès de la Commission d’Éthique de la FIFA concernant les violations répétées par le Président de la FIFA Gianni Infantino de l’obligation de neutralité prévue à l’article 15 du Code d’Éthique de la FIFA.8 décembre 2025Base de la plainteConformément aux articles 60 et 11 du Code d’Éthique de la FIFA (ci-après le « FCE »), FairSquare demande à la Commission d’Éthique d’enquêter sur le Président de la FIFA Gianni Infantino pour violations répétées de l’article 15 du FCE. La plainte porte principalement sur quatre déclarations publiques faites par M. Infantino, mais nous demandons également à la Commission d’Éthique d’enquêter sur les circonstances entourant la décision initiale d’introduire un Prix de la Paix de la FIFA et l’attribution ultérieure de ce prix, ainsi que sur la conformité de ces processus avec les règles procédurales de la FIFA.La FIFA et l’obligation de neutralitéLe FCE traite des « conduites, autres que celles spécifiquement prévues par d’autres règlements et liées au terrain de jeu, qui portent atteinte à l’intégrité et à la réputation du football et en particulier aux comportements illégaux, immoraux et contraires à l’éthique » et s’applique à « tous les officiels et joueurs ».¹L’article 15 du FCE exige que toutes les personnes liées par le code restent politiquement neutres et prévoit des sanctions en cas de violation :(1) Dans leurs relations avec les institutions gouvernementales, les organisations nationales et internationales, les associations et les groupements, les personnes liées par le présent Code doivent, en plus d’observer les règles de base de l’article 14, rester politiquement neutres, conformément aux principes et objectifs de la FIFA, des confédérations, des associations, des ligues et des clubs, et agir de manière générale d’une manière compatible avec leur fonction et leur intégrité.(2) La violation de cet article sera sanctionnée d’une amende appropriée d’au moins 10 000 CHF ainsi que d’une interdiction de participer à toute activité liée au football pour une durée maximale de deux ans.L’article 11 du FCE stipule :(1) Les violations répétées seront considérées comme des circonstances aggravantes. Dans de telles circonstances, la Commission d’Éthique peut aller au-delà de la sanction maximale prévue pour une violation de la règle pertinente, telle que spécifiée dans le présent Code.¹ Code d’Éthique de la FIFA (2023), article 1.L’obligation de neutralité politique est renforcée dans les Statuts de la FIFA, qui stipulent que « la FIFA reste neutre en matière de politique et de religion », en précisant que « des exceptions peuvent être faites pour les questions touchant aux objectifs statutaires de la FIFA ».² Les statuts de la FIFA exigent en outre que les associations membres et les confédérations incluent dans leurs propres statuts des dispositions engageant à la neutralité politique.³Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a fourni des orientations sur l’importance fondamentale de l’obligation de neutralité et sur le type de conduite proscrite par le FCE.En 2023, le TAS a déclaré :« Il convient de souligner que la neutralité politique est un aspect clé pour la FIFA, qui est également reconnu comme l’un de ses piliers. […] La disposition ci-dessus impose aux personnes liées par le FCE l’obligation de rester politiquement neutres, ce qui signifie qu’aucune déclaration publique ou prise de position n’est autorisée, pas plus que l’occupation d’une quelconque fonction politique. »⁴Violations par Gianni Infantino de l’obligation de neutralitéM. Infantino a commis quatre violations claires de l’article 15 du FCE, toutes liées à des déclarations de soutien au Président des États-Unis, Donald Trump. Elles sont décrites ci-dessous dans un ordre logique plutôt que chronologique.(i) Violation n°1Lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche le 4 février 2025, un journaliste a demandé au Président Trump ses chances de recevoir un Prix Nobel de la Paix pour ses efforts visant à obtenir la libération d’otages israéliens à Gaza. Le Président Trump a répondu en disant : « Ils ne me donneront jamais le Prix Nobel de la Paix. Je le mérite, mais ils ne me le donneront jamais. »⁵ Le 9 octobre 2025, M. Infantino a publiquement plaidé en faveur de l’attribution du Prix Nobel de la Paix 2025 au Président Trump. Sur son compte Instagram, il a écrit :« Félicitations aux États-Unis et au Président Donald J. Trump, au Qatar, à l’Égypte, à la Turquie et à tous les pays qui ont collaboré pour réaliser le cessez-le-feu et l’accord sur la première phase du processus de paix au Moyen-Orient. La paix est une excellente nouvelle et donne un nouvel espoir à tous. Tout le monde dans le monde devrait désormais soutenir pleinement ce processus de paix. Le Président Donald J. Trump mérite définitivement le Prix Nobel de la Paix pour ses actions décisives. »⁶Cela constitue un soutien personnel clair à l’intervention du Président Trump dans une situation politique hautement controversée.(ii) Violation n°2Le 10 octobre 2025, le Comité Nobel a attribué le prix à María Corina Machado, provoquant des critiques du gouvernement américain.⁷ Le 5 novembre 2025, la FIFA a annoncé l’introduction d’un Prix de la Paix de la FIFA, qui, selon elle, récompensera « les individus qui ont pris des actions exceptionnelles et extraordinaires pour la paix et qui, ce faisant, ont uni les peuples du monde entier ».⁸Le 5 décembre 2025, lors du tirage au sort de la Coupe du Monde masculine 2026 à Washington D.C., le Président de la FIFA a remis le Prix de la Paix de la FIFA au Président Trump. Une vidéo de la FIFA diffusée lors de l’événement a mis en avant les efforts de politique étrangère du Président Trump dans de nombreux pays du monde.⁹ Le récit de la vidéo indiquait notamment :« Il a soutenu les efforts de médiation de cessez-le-feu et de promotion de l’engagement diplomatique – des actions qui ont contribué à créer des conditions dans lesquelles la paix pouvait prendre racine. Sous la direction du Président Trump, les historiques Accords d’Abraham ont été signés, apportant les premiers progrès réels au Moyen-Orient depuis des décennies. Son leadership a permis que la paix existe entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le Cambodge et la Thaïlande, le Kosovo et la Serbie, l’Inde et le Pakistan, l’Égypte et l’Éthiopie, et l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les actions du Président Donald J. Trump ont également permis que la paix existe entre Israël et le Hamas en négociant le plan de paix pour Gaza, et il continue de faire des efforts pour parvenir à une paix durable entre la Russie et l’Ukraine. Il s’agit d’une présidence marquée par des actions en faveur de la paix dans le monde entier. […] Pour ses actions exceptionnelles entreprises en faveur de la paix mondiale qui ont contribué à unir les peuples du monde entier, nous félicitons le lauréat du Prix de la Paix FIFA 2025 – Le football unit le monde, le Président Donald J. Trump. »Après la diffusion de la vidéo, le Président Trump est monté sur scène avec M. Infantino, qui lui a déclaré directement :« C’est ce que nous voulons d’un leader… vous méritez définitivement le premier Prix de la Paix de la FIFA pour vos actions, ce que vous avez obtenu à votre manière mais que vous avez obtenu de façon incroyable et vous pouvez toujours compter, Monsieur le Président, sur mon soutien. »Cela constitue un soutien personnel clair à la politique étrangère du Président Trump dans de nombreux pays et conflits armés en cours. Des déclarations de cette nature violent l’obligation de rester politiquement neutre prévue à l’article 15 du FCE.(iii) Violation n°3Le 5 novembre, M. Infantino a été interviewé au American Business Forum à Miami et interrogé sur sa relation avec le Président Trump.¹⁰ M. Infantino a déclaré qu’il considérait le Président Trump comme « un très bon ami » et qu’il était « parfois un peu surpris quand [il] lisait des commentaires négatifs [sur le Président Trump] ». M. Infantino a ensuite déclaré :« Je ne suis pas américain, mais d’après ce que je comprends, le Président Trump a été élu aux États-Unis d’Amérique et a été élu de manière très claire. Quand on est dans une grande démocratie comme les États-Unis d’Amérique, on doit d’abord respecter les résultats de l’élection, n’est-ce pas ? Au final, il a été élu sur la base de son programme, sur la base de ce qu’il a dit. Il met simplement en œuvre ce qu’il a dit qu’il ferait, donc je pense que nous devrions tous soutenir ce qu’il fait parce que je pense que ça a l’air plutôt bien. »En faisant cette déclaration, M. Infantino a pris une position politique très claire en violation de son obligation de neutralité politique. Toute interprétation raisonnable des propos de M. Infantino conduit à conclure qu’il a a) encouragé les gens à soutenir le programme politique du Président Trump, et b) exprimé son approbation personnelle du programme politique du Président Trump. De plus, il ne peut y avoir aucune suggestion que ces déclarations ont été faites à titre privé, puisque M. Infantino intervenait lors d’un événement public en sa qualité de Président de la FIFA.¹¹(iv) Violation n°4Le 20 janvier 2025, M. Infantino a publié une courte vidéo sur son compte Instagram dans laquelle il remerciait le Président Trump de l’avoir invité au rassemblement d’investiture présidentielle à Washington D.C. la veille.¹² M. Infantino concluait la vidéo en déclarant :« Ensemble, nous rendrons non seulement l’Amérique grande à nouveau, mais aussi le monde entier. »Cette déclaration indique un soutien au programme politique du Président Trump en violation de l’obligation de neutralité de M. Infantino. Le Président Trump a constamment utilisé le slogan « Make America Great Again » dans ses campagnes politiques depuis avant son élection en 2016, et l’abréviation MAGA est couramment utilisée pour désigner son programme politique.¹³Des figures proches du Président Trump ont ouvertement cherché à associer le projet MAGA au tournoi 2026. Dans une interview à l’Associated Press en octobre 2025, le directeur exécutif de la Task Force FIFA de la Maison Blanche, Andrew Giuliani, a décrit le tirage au sort de la Coupe du Monde au cours duquel la FIFA a remis le Prix de la Paix au Président Trump comme le « tirage au sort MAGA-FIFA de la Coupe du Monde ».¹⁴Le rôle des États-Unis en tant que co-hôte de la Coupe du Monde masculine 2026 exige que la FIFA s’engage avec le gouvernement américain. Il est naturel et approprié que, dans le cadre de ce processus, M. Infantino souhaite forger une relation diplomatique fonctionnelle avec le Président des États-Unis afin d’assurer que la FIFA remplisse ses objectifs statutaires. Cependant, l’engagement de M. Infantino avec le Président Trump doit être sous-tendu par et conforme à son obligation de neutralité, qui exige qu’il soit non partisan et impartial sur les questions de politique intérieure et étrangère des États-Unis, sauf lorsqu’il parle de questions invoquant les propres responsabilités légales ou en matière de droits humains de la FIFA.¹⁵ En offrant un soutien clair au programme politique du Président Trump sur le plan intérieur et international, M. Infantino a violé de manière répétée son obligation de rester politiquement neutre, et ce de manière qui constitue une menace claire pour l’intégrité et la réputation du football et de la FIFA elle-même.(v) Le rôle de M. Infantino dans la décision d’instaurer un Prix de la Paix de la FIFA et d’attribuer le prix au Président TrumpNous demandons à la Commission d’Éthique d’enquêter non seulement sur les déclarations publiques de M. Infantino en soutien au Président Trump, mais aussi sur le rôle de M. Infantino dans les processus internes de la FIFA qui ont conduit à la création du Prix de la Paix de la FIFA et à la décision de l’attribuer au Président Trump le 5 décembre 2025. L’attribution d’un prix de cette nature à un dirigeant politique en exercice constitue en soi une violation claire de l’obligation de neutralité de la FIFA.Les Statuts de la FIFA indiquent que la décision d’introduire un Prix de la Paix de la FIFA aurait dû être prise par le Conseil de la FIFA. L’article 34 des statuts stipule que « le Conseil définit la mission, l’orientation stratégique, les politiques et les valeurs de la FIFA, en particulier en ce qui concerne l’organisation et le développement du football au niveau mondial et toutes les questions connexes ». Le Président de la FIFA n’a pas le pouvoir de dicter unilatéralement la mission, l’orientation stratégique, les politiques et les valeurs de l’organisation. Conformément à l’article 35 des statuts, son rôle à cet égard est d’« assurer que la mission, l’orientation stratégique, les politiques et les valeurs de la FIFA, telles que définies par le Conseil, sont protégées et mises en œuvre, en particulier par le secrétariat général ».Dans le communiqué de la FIFA du 2 octobre 2025 annonçant l’introduction du Prix de la Paix de la FIFA, il n’est fait aucune mention de l’implication du Conseil de la FIFA dans la décision de lancer un prix de la paix.¹⁶ De plus, il n’est fait aucune mention de qui serait impliqué dans l’attribution ni des critères à appliquer. De même, il n’est fait aucune mention du Prix de la Paix de la FIFA dans l’ordre du jour de la réunion du Conseil de la FIFA tenue le 2 octobre 2025.¹⁷Le 1er décembre 2025, The Athletic a publié des informations indiquant en outre que le Conseil de la FIFA n’avait pas été impliqué dans la décision :« De multiples sources familières avec le processus, qui ont toutes souhaité rester anonymes pour protéger leurs relations, ont déclaré que le Conseil et les vice-présidents de la FIFA n’avaient pas été consultés ni impliqués dans la création d’un prix de la paix de la FIFA et que cela n’avait pas été discuté lors du Conseil de la FIFA précédent. Ils n’ont pas non plus eu d’entrée dans les critères de sélection pour décider d’un lauréat. Certains l’ont appris via un communiqué de presse. »¹⁸Le 5 décembre 2025, le New York Times a rapporté des informations similaires et a affirmé que M. Infantino était personnellement responsable de l’instauration du prix.¹⁹Le 11 novembre 2025, Human Rights Watch a écrit à la FIFA pour demander, entre autres, des détails sur les critères à appliquer pour l’attribution du prix et sur qui serait impliqué dans le processus d’attribution.²⁰ La FIFA n’a pas répondu à la lettre.Le 4 décembre 2025, The Guardian a rapporté qu’un comité de la FIFA serait impliqué dans les futures décisions d’attribution du Prix de la Paix, mais ne le serait pas pour la décision 2025.²¹Sous la présidence de Gianni Infantino, le rôle du Conseil de la FIFA dans le processus décisionnel a souvent été contourné par le Bureau du Conseil, un mécanisme introduit dans la gouvernance de la FIFA en 2016.²² Le Bureau du Conseil est composé du Président de la FIFA et des présidents des six confédérations régionales de la FIFA. L’article 38 des Statuts de la FIFA stipule :Le Bureau du Conseil traite de toutes les questions relevant de la compétence du Conseil nécessitant une décision immédiate entre deux réunions du Conseil.
Le Président convoque les réunions du Bureau du Conseil. Si une réunion ne peut être convoquée dans un délai approprié, les décisions peuvent être prises par d’autres moyens de communication.
Ces décisions ont un effet juridique immédiat. Le Président informe immédiatement le Conseil des décisions prises par le Bureau du Conseil. Toutes les décisions prises par le Bureau du Conseil sont ratifiées par le Conseil lors de sa prochaine réunion.
Ces règles statutaires semblent avoir pour effet d’habiliter le Bureau du Conseil à contourner le Conseil de la FIFA dans les cas où ils estiment ne pas pouvoir attendre la prochaine réunion. Le Bureau n’a aucune autorité pour contester ses propres décisions et est contrôlé par le Président de la FIFA, qui a le pouvoir de convoquer ses réunions. En réponse aux préoccupations de FairSquare concernant les pouvoirs excessifs que le Bureau du Conseil confère au Président de la FIFA, le Directeur juridique et de la conformité de la FIFA, Emilio Garcia, a écrit à FairSquare le 31 octobre 2024 et a déclaré ceci à propos du Bureau du Conseil :« Le Bureau du Conseil est un organe collégial qui prend ses décisions à la majorité des voix. À aucun moment le Président ne prend de décisions unilatéralement au nom de la FIFA ou ne passe outre le pouvoir décisionnel du Conseil de la FIFA ou du Bureau du Conseil de la FIFA. Le Bureau existe afin d’examiner les questions urgentes et toutes les décisions de cet organe doivent ensuite être ratifiées par le Conseil de la FIFA lors de sa prochaine réunion plénière. »²³Nous demandons donc à la Commission d’Éthique d’enquêter pour déterminer si les décisions d’introduire un Prix annuel de la Paix de la FIFA puis d’attribuer le prix au Président Trump ont été prises par le Conseil de la FIFA, par le Bureau du Conseil ou unilatéralement par M. Infantino lui-même. Si le Bureau du Conseil a pris l’une ou l’autre (ou les deux) de ces décisions, nous demandons à la Commission d’Éthique d’enquêter sur le processus décisionnel du Bureau du Conseil et sur le rôle de M. Infantino dans celui-ci.S’il s’avère que M. Infantino a utilisé les pouvoirs qui lui sont conférés par l’article 38 des Statuts de la FIFA pour contourner le Conseil de la FIFA sur une question qui relève pleinement de sa compétence, cela doit être pris en compte comme un contexte critique. Si M. Infantino a agi unilatéralement et sans aucune autorité statutaire, cela doit être considéré comme un abus de pouvoir flagrant.Notes de bas de page et références sont conservées dans la version originale (liens vers Instagram, articles de presse, etc.).Si tu veux :Une version PDF (je peux te guider pour en générer une via un outil en ligne ou Word),
Une version plus courte/résumée,
Ou seulement certains passages,
dis-le-moi ! Le document original est très détaillé ; cette traduction est exhaustive.
Analyser les sanctions possibles pour violation
Comparer avec le Prix Nobel de la Paix
Générer le fichier PDF de la traduction
oui en pdf également stp
Voici la traduction complète en français de la plainte FairSquare.Tu peux copier tout le texte ci-dessous dans un document Word, Google Docs ou un éditeur en ligne, puis l’exporter en PDF très facilement.Plainte auprès de la Commission d’Éthique de la FIFA
concernant les violations répétées par le Président de la FIFA Gianni Infantino de l’obligation de neutralité prévue à l’article 15 du Code d’Éthique de la FIFA.8 décembre 2025Base de la plainteConformément aux articles 60 et 11 du Code d’Éthique de la FIFA (ci-après le « FCE »), FairSquare demande à la Commission d’Éthique d’enquêter sur le Président de la FIFA, Gianni Infantino, pour violations répétées de l’article 15 du FCE. La plainte porte principalement sur quatre déclarations publiques faites par M. Infantino, mais nous demandons également à la Commission d’Éthique d’enquêter sur les circonstances entourant la décision initiale d’introduire un Prix de la Paix de la FIFA et l’attribution ultérieure de ce prix, ainsi que sur la conformité de ces processus avec les règles procédurales de la FIFA.La FIFA et l’obligation de neutralitéLe FCE traite des « conduites, autres que celles spécifiquement prévues par d’autres règlements et liées au terrain de jeu, qui portent atteinte à l’intégrité et à la réputation du football et en particulier aux comportements illégaux, immoraux et contraires à l’éthique » et s’applique à « tous les officiels et joueurs ».¹L’article 15 du FCE exige que toutes les personnes liées par le code restent politiquement neutres et prévoit les sanctions suivantes :(1) Dans leurs relations avec les institutions gouvernementales, les organisations nationales et internationales, les associations et les groupements, les personnes liées par le présent Code doivent, en plus d’observer les règles de base de l’article 14, rester politiquement neutres, conformément aux principes et objectifs de la FIFA, des confédérations, des associations, des ligues et des clubs, et agir de manière générale d’une manière compatible avec leur fonction et leur intégrité.(2) La violation de cet article sera sanctionnée d’une amende appropriée d’au moins 10 000 CHF ainsi que d’une interdiction de participer à toute activité liée au football pour une durée maximale de deux ans.L’article 11 du FCE stipule :
(1) Les violations répétées seront considérées comme des circonstances aggravantes. Dans de telles circonstances, la Commission d’Éthique peut aller au-delà de la sanction maximale prévue pour une violation de la règle pertinente, telle que spécifiée dans le présent Code.¹ Code d’Éthique de la FIFA (2023), article 1.L’obligation de neutralité politique est renforcée dans les Statuts de la FIFA, qui stipulent que « la FIFA reste neutre en matière de politique et de religion », en précisant que « des exceptions peuvent être faites pour les questions touchant aux objectifs statutaires de la FIFA ».² Les statuts exigent en outre que les associations membres et les confédérations incluent des dispositions engageant à la neutralité politique.³Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a rappelé l’importance fondamentale de cette obligation :« Il convient de souligner que la neutralité politique est un aspect clé pour la FIFA, qui est également reconnu comme l’un de ses piliers. […] La disposition ci-dessus impose aux personnes liées par le FCE l’obligation de rester politiquement neutres, ce qui signifie qu’aucune déclaration publique ou prise de position n’est autorisée, pas plus que l’occupation d’une quelconque fonction politique. »⁴Violations commises par Gianni InfantinoM. Infantino a commis quatre violations claires de l’article 15 du FCE, toutes liées à des déclarations de soutien au Président des États-Unis Donald Trump.(i) Violation n° 1 (9 octobre 2025)
Sur son compte Instagram, M. Infantino a publiquement plaidé pour que le Président Trump reçoive le Prix Nobel de la Paix 2025 pour ses actions au Moyen-Orient (cessez-le-feu Israël-Hamas). Il a écrit :
« Le Président Donald J. Trump mérite définitivement le Prix Nobel de la Paix pour ses actions décisives. »(ii) Violation n° 2 (5 décembre 2025)
Lors de la remise du Prix de la Paix FIFA à Donald Trump (tirage au sort du Mondial 2026), une vidéo officielle de la FIFA a loué les actions de Trump pour la paix dans le monde. M. Infantino a ensuite déclaré directement à Trump :
« C’est ce que nous voulons d’un leader… vous méritez définitivement le premier Prix de la Paix de la FIFA […] vous pouvez toujours compter, Monsieur le Président, sur mon soutien. »(iii) Violation n° 3 (5 novembre 2025)
Dans une interview à Miami, M. Infantino a qualifié Trump de « très bon ami » et a déclaré :
« Nous devrions tous soutenir ce qu’il fait parce que je pense que ça a l’air plutôt bien. »(iv) Violation n° 4 (20 janvier 2025)
Dans une vidéo Instagram après l’investiture de Trump :
« Ensemble, nous rendrons non seulement l’Amérique grande à nouveau, mais aussi le monde entier. » (référence claire à « Make America Great Again » / MAGA).Demande d’enquête sur la gouvernance
FairSquare demande également d’enquêter sur la façon dont le Prix de la Paix a été créé et attribué : le Conseil de la FIFA a-t-il été consulté ? Le Bureau du Conseil ? Ou M. Infantino a-t-il agi unilatéralement ? L’attribution d’un tel prix à un chef d’État en exercice constitue en soi une violation de la neutralité.Conclusion de la plainte
Ces agissements menacent l’intégrité et la réputation du football et de la FIFA. FairSquare demande une enquête approfondie et transparente.


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